Défense du salarié
Ne
jamais être seul, c'est l'élément
essentiel dans un litige du travail.
Ainsi, plusieurs acteurs de l'entreprise mais aussi
de la justice professionnelle peuvent être
présents à vos côtés
pour vous soutenir et défendre au mieux vos
intérêts. Il est donc important de
les connaître afin de savoir qui va vous aider
et à quel moment vous devrez les solliciter
?

5 conseils pour mettre toutes les chances de votre
côté
Une
partie de ces conseils ne trouve sa raison d'être
que dans la mesure où votre litige du travail
ne porte pas sur les causes ou les conséquences
d'un licenciement (motif personnel ou économique).
La rupture avec votre employeur étant déjà intervenue,
vous pouvez donc aller directement devant le conseil
de prud'hommes.
1/ Etablir un
dialogue avec votre employeur
Avant
de saisir le conseil de prud'hommes, tentez
une démarche directe auprès de votre employeur
ou auprès de la direction des ressources humaines
de votre entreprise.
Il
est souvent délicat de présenter seul ses réclamations
auprès de sa direction. Sans maladresse, il faut
souvent faire preuve d'assez de fermeté pour démontrer
à votre employeur que vous êtes résolus à mener
votre affaire au bout.
Au
sein de votre entreprise, deux interlocuteurs
vont pouvoir vous épauler dans vos démarches et
actions pour faire respecter vos droits :
-
Le délégué du personnel qui a pour mission
de présenter à la direction les réclamations individuelles
des salariés (entreprise d'au moins 11 salariés).
-
Le délégué syndical qui a pour mission
de défendre les intérêts des salariés (entreprise
d'au moins 50 salariés).
2/ Assurez vous
d'être " dans votre bon droit "
Pour
faire valoir votre réclamation auprès de votre
employeur, il faut être assuré d'être dans son
droit. Il est souvent difficile d'avoir les connaissances
juridiques suffisantes pour faire valoir ses droits
et trouver l'exacte argumentation.
Les
délégués syndicaux et les élus du personnel vous
donneront les renseignements juridiques nécessaires
(code du travail, convention collective applicable)
pour bien préparer vos arguments.
L'inspection
du travail peut également vous communiquez des
informations sur vos droits (par courrier
ou par téléphone). Lorsque vous sollicitez un
rendez-vous, n'hésitez pas à vous faire accompagner
par un élu du personnel.
L'inspecteur
du travail va aussi pouvoir intervenir auprès
de votre employeur, notamment s'il ne respecte
pas une disposition légale ou réglementaire ou
encore s'il refuse d'appliquer la convention collective.
Cette démarche d'intervention doit de préférence
être formulée par un élu du personnel.
3/ Réunissez
des preuves
Pour obtenir gain de cause devant le conseil de
prud'hommes, il faut constituer un dossier le
plus complet possible. Si la procédure prud'homale
est fondée sur l'oral, le dossier écrit est très
important.
Vous
allez réunir le maximum de pièces pour étayer
votre demande :
-
courriers échangés avec votre employeur,
- votre contrat de travail,
- vos fiches de paye,
- votre convention collective,
- attestations de collègues et des délégués du
personnel,
- procès verbal du conseiller du salarié.
Une
question importante se pose, est-ce qu'un salarié
peut photocopier des documents d'entreprise dans
le but de les produire devant le conseil de prud'hommes,
sans encourir des poursuites pénales pour vol
?
La jurisprudence de la Cour de cassation (chambre
criminelle et chambre sociale) considère que pour
permettre au salarié d'assurer sa défense, il
peut produire des photocopies de documents de
l'entreprise devant le conseil de prud'hommes
à une double condition :
- Le salarié doit avoir eu connaissance des documents
à l'occasion de ses fonctions, de "manière régulière"
- Ces documents doivent être indispensables ou
strictement nécessaires à sa défense prud'homale.
4/ Vous faire
assister
Il est tout à fait possible de se défendre seul,
mais le conseil s'impose souvent de lui même.
L'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire
devant le conseil de prud'hommes ou devant la
chambre sociale de la cour d'appel.
Votre défense devant les prud'hommes ou la cour
d'appel peut également être assurée par un défenseur
syndical.
En
revanche, si vous désirez contester une décision
devant la Cour de cassation ou si votre employeur
forme un pourvoi, depuis le 1er janvier 2005 vous
devez avoir recours à un avocat spécialisé, ils
sont appelés " avocats au conseils ".
Quel
que soit le conseil choisi, son rôle sera le même.
Il va mettre son expérience professionnelle, sa
compétence procédurale et ses connaissances juridiques
à votre service pour vous permettre d'obtenir
gain de cause.
Mais
au-delà, il va vous aider à préparer votre dossier
:
- demande de saisine du conseil de prud'hommes,
- procédure de référé,
- rédaction des conclusions,
- mise en forme des annexes ou pièces justificatives,
- présentation de la plaidoirie.
5/ Pensez à vos frais de procès
La procédure prud'homale s'opère sans frais obligatoires
pour respecter le principe de gratuité. Mais comme
toute action en justice, l'action prud'homale
entraîne certains frais, comme le recours à un
avocat ou à un huissier.
Les
dépens recouvrent les frais d'huissier, les rémunérations
d'experts. Par principe, la condamnation aux dépens
est automatiquement prononcé par le juge, ainsi
celui qui perd le procès doit rembourser à l'autre
partie les frais.
Par
prudence, il est conseillé de demander la condamnation
aux dépens et tout particulièrement si l'on
souhaite que le juge prud'homal condamne son adversaire
même si celui a gagné au procès.
Concernant
les autres frais comme les honoraires d'avocat,
les frais de constitution de dossier, l'article
700 du Nouveau code de procédure civile prévoit
que le juge condamne la partie tenue aux dépens
ou, à défaut, la partie perdante au procès, à
payer à l'autre partie la somme qu'il détermine
au titre des frais exposés et non compris dans
les dépens.
La
condamnation aux frais n'est pas automatique,
il vous faut la réclamer aux juges durant
le procès (lors de la demande de saisine du conseil
ou dans la note de conclusions).
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